Les génies en herbe des agences conseils en communication sont toujours à l’affût, moyennant quelques gros billets rémunérant leurs idées soit-disant novatrices, de nouvelles niches commerciales pour leurs clients avides de gagner quelques points face à la concurrence. La Bretagne fait partie de ces niches. Et à en croire ces pseudo-vertueux défricheurs d’idées, généralement très à l’aise, Breizh, la Bretagne est encore plus séduisante quand on la décline avec un soupçon de langue bretonne. Un mot de breton, et le commerce s’enflamme !
Bien vu ! Mais nul. Nul parce que cette Breizh-Banque n’est qu’une façade virtuelle, disponible uniquement sur internet dans le seul but de piéger, à l’affectif, une communauté bretonne un peu trop docile. Sans vergogne, Claire-Lise Hurlot, chef du projet, ne s’en cache même pas : « Notre but est de recruter des internautes qui ne sont pas déjà clients d’une de nos caisses régionales. En étant sur Internet, nous pouvons toucher les Bretons expatriés ou tout simplement les amoureux de la Bretagne » [1] La Breizh-Banque proposera-t-elle des chéquiers rédigés en breton ? Disposera-t-elle de distributeurs de billets en langue bretonne, comme le Crédit Mutuel ? Non, pas prévu. Une version du site en langue bretonne, alors ? Même pas.
Pas de Loire-Atlantique à la Breizh-Banque
Pour ces as du marketing, qui sont de fait plutôt has-been, le breton n’est là que pour déclencher une réaction affective de pacotille. Juste ce qu’il faut pour attirer le chaland. Faut pas effrayer le client. Le premier mot d’une marque composée à la mode anglo-saxonne. Un comble !
Précisons enfin que la Breizh-Banque n’a rien d’une banque bretonne. Cette marque du Crédit Patates ne couvre que les quatre départements de la Bretagne administrative, car l’organisation du Crédit Agricole est calquée sur les régions françaises. Ainsi, une nouvelle fois, pas de Loire-Atlantique dans cette Second Life bancaire qui, dès sa naissance, n’a de breton que le nom.
Si j’avais été client du Crédit Agricole, je crois que cette lamentable opération de marketing m’aurait fait changer de banque. Histoire de les inviter à arrêter de nous prendre pour des c...
Et vous ?

















