"Aro, coume se dis, la balo es dins lou camp dis elegi. Tre aro es à cadun de nautre d’esplica is elegi de soun relarg, que voulèn uno lèi pèr “nosto rebello lengo d’O” ... !""
"La manifestation a bien réussi et nous sommes rentrés heureux à notre maison, tout à fait contents, bien plus forts dans nos convictions, de la belle réussite de cette manifestation. Maintenant, comme on dit, la balle est dans le camp des élus. A présent c’est à chacun de nous d’expliquer aux élus de notre pays, que nous voulons une loi pour “notre rebelle langue d’oc” ... !"
25 000 personnes pour la langue occitane
Ce sont quelques 25 000 personnes (18 à 20 000 suivant les services de police) qui se sont réunis à Carcassonne samedi 24 octobre pour revendiquer une loi, des droits et des moyens en faveur de la langue d’Oc.
A l’appel de la Coordination “Anen O pèr la lengo d’O” (Félibrige, IEO, Calandreta, FELCO, Oc-bi).Ils sont venus de tous les pays d’oc : Auvergne et Gascogne, Limousin et Languedoc, Périgord et Provence, Dauphiné et Rouergue ...
Ils sont venus malgré leur éloignement, malgré la crise, pour demander haut et fort à l’État, aux députés et sénateurs, aux Conseils régionaux et généraux, d’agir sans tarder pour prendre des mesures importantes pour sauvegarder et promouvoir la langue d’oc, les langues régionales en général, ce qui depuis juillet 2008 est inscrit dans la Constitution comme Patrimoine de la France. Les félibres, (membres de l’association "Lou Felibrige", fondé en 1854 par le prix Nobel Frédéric Mistral) en particulier étaient très nombreux autour de leur Président, le Capoulié Jacques Mouttet. Les félibres avec tous les autres participants ont réaffirmé en public et par acclamations, l’unité de la langue d’Oc dans le respect de ses variantes.
Officialiser la langue d’oc
Dans le discours officiel prononcé à la fin du défilé, les responsables des associations qui ont organisé la manifestation ont présenté les revendications, entre autres :
- M. Philippe Martel pour la FELCO (Fédération des enseignants de langue & culture d’Oc) : l’État, les collectivités territoriales doivent mettre à disposition de l’enseignement de la langue d’oc, de la maternelle à l’université, des moyens pour assurer son existence et son devenir, ils doivent mettre en œuvre tout ce qui est nécessaire pour généraliser l’offre aux enfants de cet enseignement.
- M. Jean-Louis Blenet, président de l’association “Calandreta” (enseignement de la langue d’oc par immersion) : "la langue d’oc doit avoir naturellement une place importante, officialisée, dans les médias (journaux, télé, radio) et dans la création culturelle, afin que les enfants qui apprennent la langue, la retrouvent partout autour d’eux dans les divers moyens d’expression."
- M. David Grosclaude, président de l’IEO (Institut d’Études occitan) : "la langue d’oc doit être aux yeux de tous dans l’espace public, administration, signalisation ... Afin que notre langue apparaisse dans les usages quotidiens, car elle est vivante."
- M. Jacques Mouttet, Capoulié du Félibrige (association pour la langue d’oc, fondée en 1854 par Frédéric Mistral, prix Nobel) : “On nous a donné un symbole, la petite phrase dans la Constitution. Les symboles ne suffisent pas. Les promesses nous font plaisir. Elles nous font encore plus plaisir quand elles sont tenues ! Ce que nous sommes venus dire ici, haut et clair, c’est que le moment est venu de passer aux actes, de concrétiser les promesses. Nous avons été très patients et depuis fort longtemps, maintenant notre patience est à bout.”
Le Vendredi 16 octobre, un conseiller du Ministre de la culture déclarait aux dirigeants de la Confédération culturelle basque Euzkal Konfederazioa, que “le gouvernement se demande s’il est opportun de faire une loi en faveur des langues régionales de France” ; la réponse est venue de la rue, claire et nette, 25 000 manifestants à Carcassonne, 5 000 à Bayonne, ont demandé que la démocratie soit respectée, que les langues régionales aient des droits et des moyens clairement définis par une loi.

















